Merci, mais t’es qui?

Depuis la reprise du projet [loveMachine], je reçois des messages, des questions et des réactions sous différentes formes mais tournant toujours autour de ces simples phrases: “t’es qui?”, “tu fais quoi ?” ou “pourquoi ?”. Voici donc un texte de réponse à l’un de ces messages. Je le poste ici un peu comme une référence, un début de FAQ, une trace du processus.

merci-de-me-suivre

facebook_friend 1/20, 11:57am :
salut, merci de me suivre mais je me rappelle plus bien qui tu es ?

Juego Requiem 1/20, 12:34pm :

Hello.

Je ne suis pas sûr qu’on se connaisse. Et pour être tout à fait juste, je ne te suis pas plus que tu ne me suis. Néanmoins, nous partageons des “amis communs”, que je connais “vraiment”, je veux dire, en dehors de Facebook. J’imagine que c’est ce qui a fait qu’un jour on s’est lié d’amitié, au sens facebookien du terme. De là à dire qui a invité qui en premier, je n’en ai aucun souvenir, ni ne sais s’il est possible de retrouver cette information.

Je suppose que tu t’inquiètes d’un soudain regain d’attention de ma part sous forme de “like” (intempestif peut-être). Je fais “tourner” une expérience sociale et artistique, dont la relation mutuelle qui nous est proposée par ce site, t’a fait un participant à l’insu de ton plein gré. Quoique je ne m’en suis jamais vraiment caché vu que j’en parle entre autre ici: http://p.xuv.be/ceci-nest-pas-juego-requiem et ici aussi: http://p.xuv.be/your-best-friend-was-replaced-by-a-bot

Il s’agit donc d’un script dont le but est de manifester de la gratitude (sous forme de “like”) à tous les profils avec lesquels je suis en contact via ce site. Cette expérience ne pourrait se passer sans ton apport et ta participation. C’est parce que tu postes beaucoup de choses ou beaucoup de commentaires que tu reçois beaucoup de “like” de ma part. Te voilà donc acteur d’un happening numérique dont tes actions sur le réseau social en forment le substrat.

Si tu désirais arrêter cette expérience, tu n’auras qu’à me supprimer de ta liste d’amis. Je ne pourrais néanmoins te garantir à 100% que tu ne recevras plus jamais de ‘like’ de ma part. Ayant des “amis” communs, si jamais tu laissais un commentaire chez l’un d’eux, mon script pourrait le débusquer.

J’espère que ces explications répondront à tes interrogations. N’hésites pas à me faire part de tes remarques, questions ou commentaires.

En te souhaitant une bonne journée

Julien

Ceci n’est pas Juego Requiem

ceci-n-est-pas

Pour ceux qui ne le savent pas, mon nom affiché sur Facebook est Juego Requiem et depuis la mi-janvier, j’ai repris une expérience sociale, artistique et interactive que je nomme [loveMachine].

Dans le principe, grâce à la programmation, j’ai décidé d’automatiser mes actions de gratification sur “LE” réseau social. En gros, “je like tout”, tout le temps, ou le plus souvent possible. Ceci a effectivement des effets pervers.

De un, je dois constamment ajuster mon code, en tâtonnant, parce que Facebook n’est pas nécessairement réceptif à ce genre de comportement et que les limites ne sont pas clairement exposées.

fb2014-01-13T220720

Deuxièmement, je suis confronté à mon propre malaise. Programmer ses propres actions, confondre ses propres choix avec ceux de son robot, s’identifier à un profil numérique tout en cherchant à en prendre le plus de distance, sont autant de contradictions que je m’efforce de dépasser.

Et finalement, il semblerait que, l’air de rien, Facebook apprécie cette boulimie du click. De vieux profils enterrés dans ma timeline réapparaissent au grand jour, des pages dont je ne me souvenais plus que j’étais “fan” m’envoient de nouveaux contenus, de parfaits inconnus veulent être mon ami.

Je ne suis plus moi-même, sur Facebook. Je ne l’ai jamais été ou jamais autant qu’aujourd’hui.

Ça aurait pu aussi s’appeler: “Ceci n’est pas un réseau social”.

Your (best) friend was replaced by a bot…

…and your only way to tell is because he compulsively likes everything you do.

robot-girl

Yes, how else would you know? We give our lives, our thoughts, our likes, our preferences, our contacts, our agenda, our locations, our family pictures,… to the insatiable ogre we call social media. We give it so much, it knows more about ourselves than our closest friend. So when your closest friend will be replaced by a bot, a bot so easily tuned thanks to all the inputs it received for years, how will you know?

My Facebook avatar is now being part time ran by a bot that likes everything my friends do. I plan to have it take over completely over my profile by the end of the month. If you would like to be part of this experiment, add me as a friend. If you don’t want me to like everything you do, get out of Facebook (or more easily, unfriend me).

(You can also get the code on github and run it on your own profile)


Photo by Gail Dedrick – CC-by-nc-nd

Facebook love (&) machine

Depuis la reprise de mon travail sur [loveMachine] et les discussions amicales qui en ont découlé, il m’est arrivé de faire quelques découvertes ou de recevoir des liens ou des remarques par rapport à Facebook ou ce travail. Et pourquoi pas vous les proposer en “post” du jour.

Quelques articles à lire (merci Caro):

  • Facebook : la  mémoire cachée d'”Écrans.fr” vous explique assez simplement que Facebook n’efface rien, même lorsque vous pensez effacer. Et que tout est enregistré, même ce que vous ne faites pas.
  • Et nous assistâmes, les bras ballants, à la privatisation du web, coup de gueule du Tigre, un curieux magazine curieux, qui soit dit en passant est conçu avec des logiciels libres, nous parle du holdup perpétré par Facebook (et autres) sur notre accès à l’information et à la connaissance. Leur question aux libristes convaincus (comme Framasoft) m’a interpellé. Je la poserais bien aussi à @bayartb et @julian0liver

Concernant vos réactions à [loveMachine]:

  • Je me suis résolu à créer une page Facebook pour le projet. J’espère ainsi permettre aux étonnés (c’est le stade avant indigné ;-) ) qui ont vu “128 like(s) done in 1m50s” de trouver un début de réponse et donc aussi d’autres questions.
  • J’ai reçu plusieurs demandes d’amis venant de parfaits inconnus et je me demande si c’est lié.
  • J’ai reçu des menaces de “mise en sourdine” si je continue à faire tourner le programme.
  • Seule une personne à ce jour a émit le souhait de faire tourner le programme sur son propre profil.
  • J’ai reçu beaucoup de “C’est un vrai  ‘like’ ou c’est ton robot?”
  • J’ai entendu beaucoup de “Et donc, tu ‘like’ même des trucs que t’aimes pas? Ça ne te dérange pas?”
  • “C’est légal ton truc?”, m’a surpris. Je ne m’étais pas posé la question. Mais ma réponse sera “Et Facebook, c’est légal?” (comme la pose l’eurodéputée Françoise Castex)

(Source de l’illustration)

It’s not really a bot, but it’s a start

So I’m planning to write a small bot that will interact with my fb_friends and I’ve just started writing it but can’t wait to share it with you. It’s also a test for me, as I’m planning on documenting this experiment at about every step (if I manage to keep interest in it).

Right now, it doesn’t do much:

  1. It logs in my account on Facebook
  2. Finds the 1st “like” button available and clicks it
  3. Posts a “Hello World” as a status
  4. Logs out 

Nothing fancy, but this takes roughly 3 seconds. :)

If you wish to try it out for yourself, here is the file

loveMachine_0.00001
View this on Posterous

All you’ll need to do is install the Selenium extension for firefox, load this file, place your Facebook login and password in the right field and hit “Play”. (You need to be logged out out of Facebook first in order to make it work but you can play the script from web page your on.)

Here’s a screenshot of sellenium loaded with it to help you out.

Lovemachine_0

Hope you like it. :)

Oh yes, almost forgot. This is all open source software. So, do whatever, but it’s at your own risk ;)