Google anal. #dtc

Google anal.

Google Analytics, c’est un service gratuit de Google qui vous donne les statistiques de visites de votre site. Et comme presque tout service (gratuit) de Google, il est devenu un standard. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est pas mis d’office sur tous les sites. Il faut s’inscrire, demander un bout de code et l’ajouter aux pages du site que l’on désire monitorer. Ensuite, Google fait le reste.

Ce n’est pas nouveau, ce genre de service gratuit. Ça existe depuis presque aussi longtemps que le web public existe. Ce qui est beau, c’est que ça vous donne plein d’infos sur vos visiteurs. Ça dit comment ils sont venus, de où, avec quelle machine, quel écran, quel navigateur, depuis quel pays, même la ville est mentionnée, qu’est-ce qu’ils ont “aimé”, combien de temps sont-ils resté sur une page, laquelle ils ont vu ensuite, où ils ont cliqué, etc…

Où est le problème? Il n’y a pas de problème. C’est légitime pour qui publie en ligne de savoir quel est l’article qui a reçu le plus d’intérêt. Pour un webdesigner, ça peut donner une indication quand aux technologies à utiliser ou à prévoir pour rendre le site plus agréable aux visiteurs (en fonction des appareils qu’ils utilisent pour le visiter). Peu importe la raison de votre présence sur le net et même si c’est juste pour se faire mousser (comme on compte ses amis sur Facebook), c’est ce qu’on appelle une mesure d’audience.

Où est le problème alors? 2 secondes, j’y viens. Google Analytics est devenu l’outil de choix parce qu’il est merveilleusement couplé à Adwords, LA régie publicitaire du web. Il y a même des formations Actiris/Forem/ANPE à l’utilisation de l’outil. Ne t’étonnes pas, des consultants bardés de diplômes ne font que ça toute la journée.

Voilà LE problème, il est partout. Tu veux vérifier? Ouvre les sites que tu visites le plus souvent et cherche dans le code source un bout de javascript avec “UA-XXXXXXX-YY” dedans (où X et Y sont des chiffres). C’est l’identifiant Google Analytics pour ce site. Ça veut dire qu’à chaque fois que tu visites ce site, Google est au courant. Bin oui, comment veux-tu qu’il propose toutes ces infos au propriétaire, s’il ne te rencontre pas au passage. Tu vois où je veux en venir? Allez, je t’aide. Tu utilises leur moteur de recherche pour trouver de l’info. Tu visites ensuite les sites proposés. Tu passes d’un site à l’autre au gré de ta navigation. Ne te retourne pas, Google est certainement derrière toi et t’as suivi tout le long.

On a régulièrement critiqué Facebook pour une pratique similaire. En faisant installer des petits boutons bleus “Like / J’aime” un peu partout sur le web, Facebook (même sans que vous ayez cliqué dessus) sait que vous êtes passé par là. Avec Google Analytics, c’est pareil, en beaucoup moins voyant.

Quelles solutions?

Désactiver javascript… mais ça c’est tout de suite plus ennuyant, vu le nombre de sites qui sont inutilisables sans ça. Ou installer Ghostery sur votre navigateur par exemple. Cette extension va vous avertir et vous permettre de sélectionner par qui vous êtes suivi. Ça vaut le coup de faire le test d’ailleurs. Juste pour se faire peur.

Et pour les propriétaires de sites qui voudraient quand même bénéficier d’une mesure d’audience?

Il y a le merveilleux Piwik, qui fait tout comme Google Analytics, mais sans passer par la case centralisation. C’est open source, ça s’installe facilement sur un serveur et vous pouvez ainsi monitorer vos propres sites sans passer par un service extérieur (donc, sans partager cette information avec d’autres et sans participer au flicage mondial par un seul acteur privé).

Je viens d’ailleurs de l’installer sur xuv.be. J’abandonne ainsi le service offert par Google (oui, mea culpa. C’était actif sur ce blog jusqu’à maintenant. Mais juste ce blog) et assure mes visiteurs qu’ils ne seront plus suivi par le géant en lisant ces pages. Par la même occasion, je me réapproprie une partie du web que j’avais abandonnée et ça fait du bien au moral.

PS: En illustration de cet article, le graphique des visites sur ce blog depuis mai 2010.

Byebye @Delicious, bonjour Shaarli.

Depuis 6 ans que j’utilise Delicious (depuis le 22/02/2006, exactement), j’y ai rassemblé +/- 2000 liens, vu passé 3 propriétaires et dû me faire à 3 interfaces graphiques. Je crois que de tous les services sur le net, c’est celui que j’utilise depuis le plus longtemps et dont bien évidemment je n’arrive pas à me passer.

Le concept est simple, mais redoutablement efficace. Il consiste à conserver, ordonner et partager ses “bookmarks” (ou marques-pages) sur le net (dans le “cloud” comme on dit aujourd’hui) afin de pouvoir les retrouver depuis n’importe quel ordinateur connecté et d’en faire profiter ceux que cela intéresse. Par effet de contagion et grâce au nombre d’utilisateurs du site, on pouvait ainsi également découvrir de nouvelles pages intéressantes sur ses sujets de prédilection (c’est de moins en moins vrai vu que de plus en plus ont quitté le service).

Delicious, que l’on appelait au début del.icio.us, fait partie de ces sites pionniers du web 2.0 qui proposèrent ces premières fonctionnalités comme la folksonomie ou les prémices d’un réseau social.

Depuis un certain temps, dans ma quête vers l’auto-hébergement et la réduction de ma dépendance à des services extérieurs, je cherchais un remplaçant qui m’offrirait les mêmes fonctionnalités (sans en ajouter), qui garderait cette simplicité, ne nécessiterait pas trop de ressources et serait facilement installable sur n’importe quel serveur de base. Et depuis des mois, je ne trouvais pas. Je ne sais vous dire pourquoi, mais toutes les alternatives que l’on peut trouver par moteur de recherche renvoient toujours vers Scuttle ou Scuttle Semantics (pas très beau, pas très moderne, nécessite MySQL) ou d’autres similaires en Ruby, Python, Java, etc. dont le développement s’est arrêté en 2008 ou presque… Bref, rien de bien sérieux à mon goût.

Jusqu’à ce que je tombe hier sur Seb Sauvage, qui s’est fait une réflexion (frustration) similaire, pour finalement mettre ses merveilleuses compétences au service du bien de tous et nous pondre Shaarli (lisez “Share links”). L’installation est aussi simple que de copier un dossier par ftp (difficile de faire mieux). Le transfert à partir de Delicious m’a prit 30 secondes et m’a conservé tous mes “tags” ainsi que, ho surprise, le caractère “privé” de certains de mes liens (magie, là, je m’incline Monsieur Sauvage). Bref, j’ai switché et je n’ai qu’un conseil: faites pareil.

Bien sûr, on perd le côté “social” de Delicious ou de ses concurrents, mais pas tant que ça. Mes bookmarks sont toujours publics et classés et si vous me donnez le lien vers votre propre installation de Shaarli, je m’ajoute ça fissa dans mes fils RSS.

Je regrette juste une chose. Autant je trouve le design de Shaarli pas mal fait (même si c’est pas trop mes couleurs à la base), autant j’ai une vraie nostalgie pour le design original de del.icio.us. C’était simple et efficace. Mais rien ne m’interdit de modifier Shaarli dans ce sens, si jamais j’en ai le courage et que ça en intéresse d’autres… (faites signe)

Sinon, pour mes liens, c’est là: http://b.xuv.be