BD reportage

Une (nouvelle) forme de journalisme?

“Dessine moi un reportage ” est un petit reportage, en guise de mémoire d’étudiantes de l’iHecs, avec quelques interviews entre autre de Mathieu Sapin, Christophe Blain et Emmanuel Lepage. Si ça peut donner des idées de débouchés aux étudiants en BD…

Damien.

Tintin en Angola*

(*) = Lapsus d’Hergé dans une lettre à Adolfo Simões Müller, 7 juin 1940. (mise-à-jour: J’ai cru que c’était un lapsus, puisque B. Peeters semble lui-même étonné de cette allusion. Mais il y aurait bien une version de Tintin en Angola datant de 1939.. Hergé savait donc effectivement bien de quoi il parlait.)

Par hasard, le mois dernier, j’ai eu dans les mains “Hergé, fils de Tintin” par Benoît Peeters (éd. Flammarion). Ce n’est pas que je suis un grand fan de ce genre de biographie, mais quitte à lire un ouvrage à propos du maître belge (et dieu sait s’il y en a pléthore), autant lire celui d’un auteur de BD et un des meilleurs spécialistes d’Hergé (selon le 4ième de couverture). Je vous passe ma critique du livre, qui ne serait pas très intéressante. Le but de ce billet est de vous communiquer un extrait qui m’a fort interpellé.

Autour de la question du racisme présent dans l’album “Tintin au Congo” et de son interdiction de publication (toujours régulièrement d’actualité d’ailleurs), Benoît Peeters recopie un extrait paru dans une revue zaïroise de 1970. Le voici:

Tintin au Congo, ce fut, pour plusieurs générations d’enfants belges, le premier contact avec ce fabuleux pays dont ils entendaient parler: le Congo. […]

Le Congo que découvre Tintin, c’est naturellement, le Congo de papa et même, à y regarder de plus près, le Congo de grand-papa. C’est un pays hostile où les chiens imprudents, comme Milou, s’ils ne regardent pas où ils mettent leurs pattes, risquent de se retrouver dans le ventre d’un boa constrictor au demeurant débonnaire. C’est un pays où les missionnaires à la longue barbe bravent les bêtes sauvages pour évangéliser les Congolais, naïfs, crédules, à des milliers de kilomètres de chez eux.

Le Congo de Tintin, c’est aussi un si extraordinaire terrain de chasse que les antilopes s’accumulent les unes sur les autres sans que le chasseur distrait s’aperçoive que celle qu’il vient de tuer sans le savoir a été remplacée immédiatement par une autre qu’il ne peu pas rater (pour le prestige!).

Le Congo de Tintin, c’est surtout une sorte de paradis terrestre retrouvé par l’homme blanc qui, il y a trente ans comme aujourd’hui, est à la recherche de cet Éden ou il pourrait, enfin goûter le bonheur d’une humanité fraternelle.

Cette humanité fraternelle, pour Hergé (et pour les milliers de lecteur dont il exprime le rêve), c’est celle des Congolais. L’humanité fraternelle est évidemment peuplée de gens simples. Et ces gens simples, puisqu’ils sont noirs, ont naturellement des visages épatés et s’ils parlent, ils parlent évidemment « petit nègre » : ce babil que ceux qui n’ont jamais vu l’Afrique que dans leurs rêves et les peuples descendant de l’Afrique que dans les clichés désuets de La Case de l’Oncle Tom prêtent aux enfants des hommes de peau noire!

[…]

Il y a une chose que les Blancs qui ont arrêté la circulation de Tintin au Congo n’ont pas comprise. Cette chose, la voici: si certaines images caricaturales du peuple congolais données par Tintin au Congo font sourire les Blancs, elles font rire franchement les Congolais, parce que les Congolais y trouvent matière à se moquer de l’homme blanc « qui les voyait comme cela » !

Zaïre, 29 décembre 1969, p.3.

Bar Du July 2012 #8pagesComics

Sans paroles, croquis sur le pouce, en terrasse, en attendant. Bics, feutres, graphite sur brochure publicitaire. 8 pages par hasard, alors ici.

Carnet de non-voyage de Juillet 2012. Bars de Bruxelles, trash sketchs en t’attendant. Puis 8p.cx, parce que j’aime bien ce projet. Heureusement que je n’ai pas bien lu leur FAQ, ils ont rajouté de la marge aux croquis. Ho puis merde, c’est catégorisé “expérimental” de toute façon et ça n’exclus pas que ça change une fois sorti de Beta.

Pour bousiller votre cartouche d’encre, c’est par là: Bar Du July 2012 – 8 pages comics.

Yann Arthus-Bertrand vu de la terre #8pagesComics

Yann Arthus-Bertrand vu de la terre

Super concept que ce site et ce fanzine.

Le site http://8p.cx (8 pages comics), dont il faut au départ noter l’url (courte et efficace comme j’aime) et le logo (pas moche du tout), propose à qui veut d’uploader son petit fanzine en huits pages et surtout aux amateurs qui voudraient le lire, de télécharger et d’imprimer le pdf qui va bien (3 formats: A4, A3 ou US) pour après petit pliage et découpage, avoir son exemplaire unique à la maison. (Oui, unique, parce que chaque exemplaire téléchargé est numéroté.) Mais quelle est bonne cette idée, bordel, par L’employé du Moi. Je pressens que ce site va faire un carton. En tout cas, ça redonne un petit coup de boost au fanzine qui ne se portait pas si mal, mais sauce 2.0 comme il faut.

Pour ma première impression, c’est “Yann Arthus-Bertrand vu de la terre” de Pascal Matthey. Bin oui, fallait le faire. C’est tout. Sans commentaire, à part que j’adore.

Je m’en suis imprimé deux (voir photo). Le #61 et le #70, surtout pour tester les deux possibilités avec le A4. Des deux, je préfère l’option “impression recto”, qui fait un format plus petit, mais dont le pliage et la découpe sont plus sympas. Et surtout, pas besoin d’agrafe… en plus, j’en n’avais pas.

Stéphane Noël.

“L’autre fin du monde” d’Ibn al Rabin

“L’autre fin du monde” est une de ces BD dont on se demande si on va la commencer − elle fait plus de 1000 pages − pour après la lecture des quelques premiers feuillets, dévorer le reste sans relâche. Je vous la conseille fortement. C’est de la taille d’une bible mais ça se lit en 4, 5 soirées. (Et c’est dans les réseaux, pour les Bruxellois qui me lise)

Ibn al Rabin.